Lundi 16 juin 2008

Once upon a time un gentil colonisateur pétri de justice, d’humansime et de culture redécouvrit des splendeurs perdues dans les jungles de son empire. Quasiment ignorées durant une cinquantaine d’année, les ruines de temples furent même un temps cédés au royaume voisin. Le but, le rêve étant en réalité la conquête d’un Empire du milieu décati que l’on se promettait d’attaquer sournoisement par le Sud-Ouest via un grand fleuve, la mère des fleuves « le Mé-kong Â». Finalement l’entreprise s’échoua sur les rapides de l’amère des fleuves qui se révélèrent tout bonnement infranchissables.

 

Faute de pouvoir envahir décemment les jungles chinoises voilà le mieux disant culturel empêtré dans les jungles indochinoises. Bon le Vietnam ça se développe, c’est maritime et peuplé -quoique qu’un brin caractériel/révolté le Tonkinois-, le Laos c’est quasi inaccessible et complètement endormi -pas encore tout à fait réveiller/recharger la pile de l’Asean- et le Cambodge et ses tas de caillou éparpillés dans la jungle.


Un panneau de la junte...

Amateur de Légo géant les Français s’amusent à remettre tout ça en forme -à peu près anastylosé l’ensemble - et en font un mieux disant culturel « admirez les richesses de notre empire… Â» Puis d’un coup s’avisent « m. ! on a refilé ça aux Siamois Â» Qu’a cela ne tiennent une canonnière remonta la Chao Praya et expliqua au souverain siamois que les provinces de Battambang et Siem Reap appartiennent au Cambodge. Devant la justesse des arguments historiques, surtout le calibre des canons, les Siamois avalèrent leur salive (de travers ils n’ont jamais vraiment digéré la chose) et se rendirent aux arguments français… enfin, surtout à ses canons.

 

1907 fut un bel exemple de la stratégie de la canonnière made in France.

 

2008 Un cyclone ravage le delta de l’Irrawaddy.

 

Les gentils néo-colonisateurs arrivent avec leurs barquettes chargées de vivres. De jolis croiseurs battant pavillon US, British and French font des ronds dans l’eau au large des côtes birmanes.

 

Le refus des méchants militaires birmans est cinglant. Pas d’aide militarisé, s’iou plait.

 

Même si ce genre de catastrophes est d’ordinaire l’occasion pour les gentils militaires étrangers de faire du social/propagande ce n’est pas possible au Myanmar. Pays à qui l’on ne reconnaît pas grand chose… même pas son nom. Ahurissement général devant la fermeté des généraux. On cri, on s’ameute, on menace de saisir le Conseil de sécurité de l’Onu (aucun risque, la Chine et la Russie sont contre), on parle de la responsabilité de protéger (je remarque au passage que la presse emploi le raccourci R2P … pff si on doit écrire en sms où vas t’on ?)

 

Rien n’y fait la junte ne laissera pas, pour d’évidente raisons de sécurité, des soldats en armes foulés son territoire. Non qu’elle craigne réellement une invasion étrangère (le gaz birman c’est tentant mais ce n’est important que régionalement et puis la Chine et l’Inde on bien droit a leur chasse gardée) mais vu les conditions de vie, du moins ce qui en reste, les Birmans toutes ethnies confondues aimeraient bien se débarrasser des généraux, de leur

soldatesque et de leurs milices à la matraque facile. Vu la foireuse révolution « pacifique Â» des bonzes en 2007, l’option insurrection armée doit cheminer dans les esprits même si cela parait des plus improbables dans un avenir proche. Alors des soldats étrangers dans le delta cela se traduirait dans un premier temps par une aide humanitaire mais après ?

 

« ton M16 tu pourrais me le prêter… c’est pour régler une vieille histoire cinquantenaire… Â»

 

Et sait on jamais les gentils secouristes en uniformes pourraient se laisser tenter… Pas question d’intervenir mais après tout…  s’ils payent les armes en gaz, teck, pétrole… faut voir pour quelques armes…

 

Un risque que Naypyidaw ne veut pas voir.

 

Dans un tel contexte les grands stratèges occidentaux ne pouvaient ignorer l’effet que feraient leurs navires croisant au large des côtes birmanes. De vrais requins en maraude attisant les phobies d’un quarteron de généraux paranos-mystiques. Mais l’opération  était valable, peu de frais et surtout pas d’engagement réel. Et une fois de plus l’Occident -éternel donneur de leçon- peut clamer haut et fort « nous avons tendu la main, ils l’ont refusé Â».

 

Bien sûr… vu la gueule des serres, Than Shwe a hésité.

 

Au passage la diplomatie franchouillarde/couarde était plus véhémente que jamais avec sa Jeanne piaffante d’actions humanitaires. Hasard de lectures anglophones je suis tombé sur le montant de l’aide grecque 300 000 euros, puis l’espagnole 775 000 euros puis la framçaise des jeux…

 

… ?!? 300 000 euros !?! Seulement ?!? 

 

A vérifier mais bon…

 

Bref une diplomatie de roquet : plus ça braille moins cela risque de mordre !

 

Finalement ce n’est plus ce que c’était la diplomatie de la canonnière.

 

Par Yadaya - Publié dans : Myanmar - Communauté : Le champ du monde
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